Alors, je vous vois venir.
« Comment ça, A., tu veux nous dire que vivre une vie confortable c’est mieux que de vivre une vie de manière inconfortable ? Quelle surprise ! On a hâte que tu obtiennes ton prix Nobel de philosophie, tiens. »
Déjà, je ne suis pas aussi bête que j’en ai l’air : j’ai bien compris que votre commentaire était du sarcasme. Mais surtout, vous avez raison. Le confort est un sentiment auquel tout être humain aspire jusqu’à un certain degré. Probablement moins à ses vingt ans qu’à ses quarante, mais tout de même un minimum ! (L’inconfort est par ailleurs beaucoup plus supportable avec un peu d’alcool dans le sang, mais c’est un autre débat).
Quel est donc ce confort auquel nous aspirons tous ? D’après le Larousse, le terme se définit comme « l’ensemble des commodités, des agréments qui produit le bien-être matériel ». La question suivante est donc : que produit le bien-être matériel ?
C’est bien là que chacun diffère. Pour se sentir confortable, l’un aura peut-être besoin d’un manoir, de cinq voitures de luxe et d’une piscine tandis que l’autre se contentera d’un petit appartement savamment décoré et de quelques plantes vertes. A chacun ce qui lui plait, donc, et passons notre chemin ?
Bien sûr ! Comme expliqué dans mon premier article, le but de ce blog est la discussion sur la base de ce qui me passe par la tête (et Dieu sait qu’il y en a pour tous les goûts). Personnellement, mon idée du confort tient en deux mots : le silence et la satiété.
Le silence, d’abord. Une vie confortable, c’est une vie où l’on peut s’allonger dans le canapé et écouter les mouches voler. La vie en appartement ayant le malheur d’imposer des voisins, on pourra également tolérer le doux bruit d’une conversation dans le logement attenant (après tout parfois, on a pas le choix). Mais c’est tout ! Le silence est, à mon humble avis, une des commodités les plus importantes de la vie quotidienne. Il n’existe pas de plus grand bonheur que celui de pouvoir d’être seul avec ses pensées. Nous vivons dans un monde de bruit et d’agitation permanente, rempli de fourmis humaines en déplacement constant. Nous fabriquons, développons, pensons, échangeons dans un brouhaha continu et mon dieu, que c’est épuisant au quotidien. Plus grande est la ville de résidence, plus oppressante est l’agitation. La différence avec la campagne est d’ailleurs flagrante : votre serviteur a la chance d’y avoir été élevé et d’être revenu y habiter, et cela n’a fait que renforcer mon sentiment. Le silence est le véritable met des rois.
Parlons de mets, tiens ! La satiété. Manger à sa faim, en 2026, c’est une évidence. En tout cas dans le monde occidental, car si on ne manque pas de pauvres en Europe comme aux Amériques, ceux-ci sont généralement pris en charge par diverses structures avant de succomber à la malnutrition. Et puisqu’on parle de confort, allons donc au bout du raisonnement : pouvoir manger ce qu’on veut quand on veut, est un luxe que tous ne peuvent pas se permettre. Manger de la viande rouge sans peur du cholestérol, grignoter quelques gâteaux ou bonbons à quatre heures en faisant fi du diabète, avoir suffisamment dans son assiette tant sur le plan nutritionnel que gustatif, voilà définitivement le signe d’une vie confortable !
Il va de soi que ces deux composantes du confort ne sont pas évidentes pour tous. On ne choisit pas toujours son lieu de résidence, et la santé de chacun ne permet pas toutes les folies culinaires. Il est donc d’autant plus important de savoir apprécier les petites victoires du quotidien, comme celle d’une assiette du midi bien remplie savourée sous un arbre à la campagne ou bien d’une douce soirée d’hiver au coin du feu accompagnée d’un bon plat en sauce qui tient bien au corps (et pourquoi pas d’un bon verre de vin pour faire arroser le tout) avant de se couler sous l’épaisse couette de son lit douillet.
Le confort, ce n’est pas juste le bien-être matériel. C’est aussi la capacité à apprécier, à chaque instant, les douceurs du quotidien avant que la cruauté de la vie ne nous rappelle qu’elles sont éphémères.

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